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Samedi 26 Novembre 2016

Lors de la dictée lue par Michel Bussi vendredi 25 novembre dans l'amphithéâtre de l'université d'Evreux.

Plusieurs personnes qui ont participé à la dictée mais n'ont pu assister à la correction nous ont demandé de mettre en ligne ce texte.
Le voici.

LES MARCHES AFRICAINS
Le marché africain sollicite la totalité de nos sens. Les discussions, les cris, les marchandages, les injures, le vacarme des déballages, les conseils et les palabres créent une atmosphère bruissante tel un grand bourdonnement d'abeilles. Les couleurs inondent les paillotes si bien qu'en quelques secondes, nos yeux plongent du rouge vif des fromages peuls protégés par une serpillière humidifiée, à la chemise en pagne du vendeur, avant de se noyer dans l'arc-en-ciel d'un étal de tissus. Boubous, vêtements chamarrés d'arabesques de broderie(s) en fil d'or et d'argent rivalisent avec les empilements de wax et de bazins (ou basins) multicolores. Le marché est un endroit où l'on peut toucher ce qu'on achète et c'est un réel plaisir de caresser les étoffes ou de manipuler de vieux bracelets-montres. L'odeur envoûtante de l'encens se faufile d'étal en étal, celle relevée des épices se mélange au doux parfum des fleurs et à l'âcreté du poisson séché combinée à la fétidité des égouts. Le chaland risque à tout instant de glisser sur des monticules d'immondices qui, éparpillés à ciel ouvert, embaument l'air d'effluves empuantis.
Sous un enchevêtrement de tôles rouillées, on peut remplir son panier de produits issus du terroir : igname pilée ou non, sorgho, manioc, noix de karité, bananes plantains. La vente relève souvent du micro-détail et les produits sont fractionnés à l'extrême : un chou peut être coupé en quatre, les cigarettes vendues à l'unité, le thé au sachet.
Pour les affamés, on peut y déguster des grillades d'agouti.
Le marché est le temple de la magie, la pharmacie du pauvre. Fétiches, gris-gris, statuettes en bois de rônier, étalages d'os, cornes de kob de Buffon, dents de phacochère, crânes de cynocéphale, côtoient une foule de fioles d'onguents, de macérations et de calebasses lilliputiennes remplies de poudre noire. Cette pharmacopée, à la puissance infaillible, guérit les impaludés, les ravages cholériques, les ecchymoses et pourquoi pas le chikungunya !
Ici et là, des petits chapardeurs provoquent des cris d'orfraie de la part de vendeuses callipyges puissamment bustées.
Egarés des touristes hâlés boivent à tire-larigot des bouteilles d'eau, d'autres plus téméraires, goûtent la bière de sorgho. Les plus craintifs, à l'ombre d'un caïlcédrat dégustent des sapotilles, tout en admirant les courses effrénées des margouillats.
Deux vieux, assis près d'une clôture de bougainvillées arc-boutées, sont absorbés dans une partie d'awalé sous un kapokier somptueusement paré de fleurs rouge incarnat.


Micro en main, l'auteur du texte de la dictée, Claude Bance félicite M. Yves Lamour pour son très bon résultat : seulement trois fautes.
 
Samedi 26 Novembre 2016




Vendredi 25 novembre, l'heure de la dictée lue par Michel Bussi.


Concentration pour les participants.


Michel Bussi termine la lecture de la dictée devant ses "élèves"


Après échange des copies, le texte de la dictée s'affiche à l'écran pour la correction.

"C'est vraiment une super initiative !", "on est contents et fiers de voir qu'on est nombreux et que notre petite participation de 4 euros va permettre à des élèves de s'éclairer le soir"... Deux appréciations parmi d'autres qui montrent le plaisir partagé de la belle assemblée réunie en début de soirée vendredi 25 novembre dans le grand amphi de l'université d'Evreux. 229 personnes sont venues faire la dictée solidaire lue par Michel Bussi. Très chaleureux et souriant, le célèbre écrivain de romans policiers situés pour la plupart en Normandie se retrouvait comme devant ses étudiants en géographie à l'université de Rouen. Un public ici plus âgé certes, mais pas tant que cela comme on le constatait en voyant tous ces visages de femmes jeunes venues en nombre.
Avant la dictée, les actions en cours de l'association ont été présentées. A noter particulièrement la venue de Roger Boni, peintre et illustrateur de livres à Djougou, qui anime sur Evreux différents ateliers.
Et puis, bien sûr, objectif de cette soirée, des lampes solaires qui seront fournies aux élèves de Djougou qui n'ont pas l'électricité chez eux ont été montrées et allumées. Avec le produit de la participation versée lors de l'inscription à la dictée 50 lampes vont être achetées dans la première fabrique de lampes solaires en Afrique créée en septembre dernier au Burkina Faso.
Ces lampes solaires vont répondre à un réel besoin dans un pays où la nuit arrive tous les jours vers 19 h alors que 75% de la population n'a pas l'électricité. L'utilisation de lampes à pétrole, bougies, lampes à piles et groupes électrogènes est d'un coût élevé mais aussi nuisible pour la santé et l'environnement.
La dictée a emmené les participants se promener sur les marchés africains en leur faisant partager avec réalisme les couleurs, odeurs et produits improbables proposés par "des vendeuses callipyges puissamment bustées". Le texte, sans difficultés grammaticales, a fait souffrir les meilleurs de la spécialité avec quelques mots exotiques.
Pas de sans faute. Un habitué d'un club de scrabble, M. Yves Lamour,  a réussi la belle performance de ne faire que trois fautes. Plusieurs copies ont été corrigées avec moins de dix fautes le plus souvent venant de personnes ayant déjà effectué des séjours en Afrique et donc habituées à un vocabulaire indigène.
Bravo à tous. Rendez-vous très probablement l'an prochain pour une nouvelle dictée. Répondant à la demande d'habitants de Djougou, nous envisageons d'organiser également une dictée sur place.



 
 
Lundi 14 Novembre 2016
Haffisath révisant ses cours du soir avec la lampe "Yayi Boni".

Isabelle Lemou, jeune djougoise, bachelière qui termine ses trois années de licence de géographie à l'université, se prépare à rentrer l'an prochain à l'école de journalisme réputée de Dakar au Sénégal. Ce parcours scolaire était à peine imaginable il y a quelques années encore pour une fille de Djougou. Une minorité de filles allait en classe et pendant peu d'années jusqu'au mariage imposé. La situation s'est améliorée. Les filles sont de plus en plus nombreuses dans les classes des villages. Nous le constatons tous les ans lors des tournées où notre association apporte des fournitures scolaires dans les écoles très démunies. Les filles sont bien présentes. Elles prennent la parole pour remercier et dire qu'elles vont bien travailler. Des mères sont là aussi qui encouragent l'une d'elles à dire qu'elles vont soutenir leurs enfants dans leur scolarité. Et l'on voit des hommes approuver d'un hochement de tête. Ce sont des moments stimulants. D'autres moments sont vraiment désespérants. C'est le cas  quand on apprend qu'une jeune élève aidée par notre association, première de sa classe en 6ème au lycée, quitte l'école pour être mariée selon la volonté inflexible de son père. Ces situations contrastées nous confortent dans nos actions de soutien à la scolarité. Actions menées avec des moyens qui se réduisent en ces temps de repli sur soi. C'est pourtant bien en aidant les jeunes générations à s'instruire que l'on peut espérer que ces pays peu développés comme le Bénin vont aller de l'avant.
Nous innovons dans ce soutien scolaire avec le projet de fournir des lampes solaires à des écoliers de villages de la commune de Djougou qui n'ont pas l'électricité chez eux. Comme c'est très majoritairement le cas dans les villages et certains quartiers de la ville, il faudrait des milliers de lampes pour couvrir les besoins. Nous allons commencer avec quelques dizaines en les mettant prioritairement à disposition des élèves parrainés par des familles membres de notre association.
C'est pour permettre d'acheter davantage de lampes que l'idée d'organiser une "dictée solidaire" s'est imposée. On donne 4 euros pour participer ludiquement à la dictée et contribuer à éclairer des  écoliers de Djougou. Ils ont un réel besoin de ces lampes solaires. C'est ce que nous montre le reportage que vient de faire Isabelle, l'étudiante qui se prépare au journalisme. Avec des lampes à piles comme celles appelées "Yahi Boni" du nom de l'ancien président de la République, les problèmes arrivent quand les piles s'usent. Les lampes solaires que nous allons acheter sont robustes et reliées à un petit panneau solaire pour être rechargées au soleil toujours très présent à Djougou.
Voici le texte avec photos que nous présente Isabelle.
 
Cette rentrée comme les précédentes rentrées des classes, les écoliers des villages de Djougou étudient à la lanterne ou aux lampes à piles. Parmi ces derniers, figurent les enfants parrainés par l’association Evreux-Djougou. Ils bénéficient en effet des fournitures scolaires mais ont du mal à obtenir les résultats escomptés. Et pour cause, soit leurs maisons sont éloignées de leurs écoles, soit ils révisent leurs leçons sans électricité.
Les élèves des écoles des villages de Djougou et des autres communes environnantes, se débrouillent tant bien que mal pour réussir dans leurs études. Ils ont du mal dans un premier temps à aller à l’heure à l’école ou à réviser leurs leçons sans électricité les soirs. Noélie Zato une élève en classe de 3e fait face à ce problème: « Je vis à Zountori et je vais au CEG 3. Pour ça, je ne rentre que les soirs. Étant donné que la maison est éloignée, je rentre tard ». Son petit frère lui, fréquente l’école Séro Tago de la ville, mais rentre aussi les soirs après 17 heures. A peine rentrés, ils révisent leurs cours et font leurs devoirs.
A ce niveau se pose un autre déficit : le manque d’électricité. « Je révise mes cours avec les lampes dites "Yayi Boni". Mais ces lampes sont de piètre qualité. Qu’il s’agisse de luminosité ou de capacité à tenir dans le temps » dit Noélie. Un palliatif auquel Noélie et Claude ne sont pas les seuls à avoir recours. Hafissath, élève en terminale A2 à Bariénou, fait de même. « Les soirs, lorsque je rentre des cours, j’allume ma lampe communément appelé "Yayi Boni" pour faire la cuisine et ensuite réviser mes cours ou faire mes devoirs. » Ceci permet de remédier à la situation d'électricité mais une autre difficulté se pose. Il s’agit des piles qu'utilisent les "yayi boni" .
Les élèves interrogés parlent de manque de moyens financiers pour changer leurs batteries. Noélie laisse entendre : « Quand les piles de la lampe sont complètement à plat, il arrive que maman n’ait pas d’argent pour les changer. » Chez Hafissath, c’est presque pareil. « Il m’arrive certains jours de n’avoir pas d’argent pour changer les piles détériorées. » Dans ces cas, les enfants utilisent plusieurs méthodes qui diffèrent d’une personne à une autre. Pendant que Hafissath révise ses cours dans la journée Noélie et son petit frère utilisent le téléphone portable de leur maman. A la question de savoir pourquoi tant de difficultés à avoir de l’énergie électrique, Hafissath répond : « Les poteaux de hautes tension sont installés; mais pour l’heure personne n’a encore les moyens dans le village pour s’acheter un compteur qui il faut le souligner coûte très cher. »
Malgré les lampes qu’utilisent les enfants pour réviser leurs leçons, la problématique demeure. Le déficit majeur en ce moment est celui des moyens financiers que connaissent les familles villageoises. Elles n’arrivent pas à pourvoir à leurs enfants des piles régulièrement afin que ces derniers bénéficient d’une luminosité pourtant bien nécessaire.



 
 
Lundi 20 Juin 2016
Depuis le 6 mai dernier, un nouveau maire a été élu à la tête du conseil communal de Djougou. Ce changement est intervenu suite à l'invalidation de l'élection de 2015 qui avait vu la reconduction de Micaël Bassabi Djara dans ses fonctions de maire.
Evreux a fait la connaissance de M. Alassane Zoumarou, nouveau maire lors de sa récente venue à la fête de la fraternité du 4 juin. Un entretien avec une délégation de notre association a montré que le nouveau maire a la volonté  de ne pas se démarquer nettement de l'action précédente.
"Il s'agit de tisser une nouvelle corde au bout de l'ancienne" avait-il déclaré lors de son discours inaugural. Il reprend la formule avec nous en rappelant que le maire sortant est un ami d'enfance du même village d'Onklou, et tous deux du même parti de l'ancien président de la République.
Alors, pourquoi s'opposer ? A 52 ans, diplomate de formation, député de 1999 à 2003, Alassane Zoumarou avait envie de s'essayer à la politique de terrain. "Ma vision sur le développement local différait avec celle du maire. J'ai combattu en toute amitié et imposé mon point de vue en remportant une large victoire. 18 voix contre 6.
Je n'oublie pas que beaucoup de choses ont été faites. C'est le cas de cette coopération entre Evreux et Djougou. Mais il fallait donner un certain tonus aux manières de faire. Quant à la coopération, on va voir comment apporter un peu plus de sang neuf".
Tout souriant  et amical, l'ancien diplomate s'enthousiasme sur l'avenir de la coopération : "Je suis dans la dynamique d'une coopération sur la base de la réciprocité. Je veux une coopération partenariat gagnant gagnant.. Nous n'avons pas les moyens matériels et financiers mais nous avons une culture, une tradition, des manières de vivre à partager avec nos partenaires.
Je souhaite apporter une plus grande ouverture en intéressant davantage la population de Djougou à la vieille amitié avec Evreux. C'est une coopération entre les deux mairies mais cela concerne les populations. Je fais passer les gens d'abord, avant les institutions. Je veux une bonne gouvernance en montrant à la population à ce que nous faisons."
Le maire explique concrètement comment il voit la suite. "Nous n'allons pas rester toujours à demander. Nous pouvons recevoir des jeunes qui seront hébergés dans des familles et découvriront notre manière de vivre. On peut aussi envisager un musée béninois à Evreux, que des villageois de chez nous viennent découvrir Evreux. Mais, avec le développement de la technologie et internet on peut aussi travailler à montrer ce qui se passe culturellement sans même se déplacer, communiquer et échanger."
Entretenir cette amitié entre Evreux et Djougou. Voilà L'objectif. Alassane Zoumarou note que Djougou a d'autres amis, d'autres coopérations mais celle d'Evreux est la plus ancienne. "C'est elle qui a contribué au développement de Djougou. Nous allons donc rester longtemps encore dans cette coopération. Malgré les problèmes économiques, il faut que la population d'Evreux sache qu'elle a des amis au sud. Aujourd'hui et demain. On ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve."
 
 
 
Vendredi 13 Novembre 2015

Le 10 novembre à la Maison des agriculteurs, remise des chèques aux associations.
Dominique Mazaraki, rentrée récemment de Djougou, représentait notre association.

Les Jeunes Agriculteurs de l'Eure ont poursuivi cette année encore leur opération solidaire "sacs de blé" et ont partagé le produit de leur action entre cinq associations humanitaires dont Evreux Djougou Coopération.
En cultivant une parcelle en friche appartenant au Grand Evreux Agglomération, les jeunes agriculteurs veulent attirer l'attention de tous sur le "gaspillage du foncier" qui réduit d'année en année les surfaces agricoles.
De nombreux jeunes qui veulent se lancer dans l'agriculture ne peuvent pas le faire faute de terres disponibles.
L'opération se poursuivra l'an prochain mais plus sur le même champ qui va être loué à un agriculteur et sans Gilles Lancelin, président de la section des jeunes agriculteurs, qui est devenu "hors d'âge" et passe donc la main à Bastien Hennequez, plus jeune.
Guy Lefrand, président du GEA, a souligné l'importance et l'utilité de cette "opération économique, sociale et environnementale". Il a félicité les jeunes agriculteurs : "vous avez du cœur et vous êtes efficaces".
 
 
Mercredi 11 Novembre 2015


"Avant de m'orienter vers l'humanitaire, je voulais vivre une expérience sur le terrain, sans passer par une grande association trop business..." Projet réussi pour Dominique Mazaraki qui rentre de Djougou après avoir passé deux mois à découvrir ce coin d'Afrique et suivre les actions menées par notre association.
Cette photo prise pendant un épluchage de racines de manioc à Djéou montre bien que Dominique n'a pas regardé les choses et les gens de loin. Cette jeune "grafic designer" à Londres depuis trois années s'est formée en graphisme et communication en Grèce où elle est née. Papa grec, maman française avec des attaches familiales sur Evreux, notamment une sœur jumelle. Dominique connaît bien Evreux. Elle y séjournait pendant les vacances. Voilà qui explique qu'à  29 ans, moment choisi pour faire le point sur son avenir et songer à l'humanitaire, Dominique a contacté Evreux Djougou Coopération.
L'association a facilité les contacts pour l'hébergement sur place et les rencontres avec les amis de la coopération.
"Je découvrais l'Afrique. Si on ne voit pas, on ne peut pas imaginer. Mais je me suis adaptée tout de suite parce que j'ai considéré que tout ce que je voyais était normal même si c'était un peu choquant au début. Et en plus j'ai vraiment été bien accueillie, comme une reine peut-on dire. C'est après quelques semaines que je suis rentrée davantage dans la réalité. C'est vraiment très différent. Rien à voir avec l'Europe. Mais, pour autant, la course au progrès ici, c'est trop. Il faut trouver un équilibre."
Pour s'approcher de cette réalité de terrain, Dominique s'est intéressée aux activités de l'association. Elle a rencontré plusieurs fois le groupement de femmes de Djéou qui bénéficie actuellement d'un microcrédit pour la production de beurre de karité et de farine de manioc. Les remboursements prévus sont respectés. Même constat avec 10 autres emprunteurs : une tisserande, des petits commerçants, des maraîchers, un éleveur de lapins. Tous demandeurs pour un renouvellement de ce microcrédit. Dominique les a visités et a pu s'assurer du bon emploi des finances prêtées.
Rappelons ici que ce microcrédit est financé par la Ville d'Evreux. Les frais et moitié des intérêts sont pris en charge par notre association grâce à un don des jeunes agriculteurs d'Evreux, produit de leur opération "sacs de blé".
Formation en apiculture, rénovation de la bibliothèque, ramassage des ordures ménagères, chantiers de jeunes, fête de Noël pour un millier d'enfants, aménagement de chambres à Cotonou pour des étudiantes de Djougou, distribution de colis... la liste des initiatives diverses constatées sur place et des rencontres plus personnelles fait l'objet d'un rapport détaillé que nous a remis Dominique. Un travail précieux pour la suite à donner à nos actions. Une belle expérience vécue qui renforce la détermination de la jeune femme pour "donner du sens à sa vie". Faut-il abandonner la communication et faire de l'humanitaire ? "Je peux peut-être faire de la communication dans l'humanitaire..." envisage Dominique. On le lui souhaite.

 
Dominique Mazarakis à la rencontre des bénéficiaires du microcrédit.



 
 
 
Vendredi 26 Juin 2015

Anne porte le bébé d'une infirmière du centre de santé à Djougou.


Anne prépare son second séjour.

Anne Jacquel exercera-t-elle dans quelques années comme médecin humanitaire ? C'est le souhait de cette jeune de 21 ans qui vient de terminer sa quatrième année de médecine à la faculté de Varèse près de Milan.
Née à Evreux, Anne a surtout vécu jusque-là en Italie. De retour à Evreux récemment pour réfléchir sur son avenir, elle entend un ami lui parler de la coopération entre Evreux et Djougou. Voilà pourquoi, quelque temps après, au mois de mai dernier, on retrouve la jeune étudiante à Djougou comme aide-soignante d'abord au dispensaire puis au centre de santé catholique Saint-Camille. Un centre fondé avec l'aide de l'Italie.
Rentrée début juin à Evreux où elle travaille comme aide-soignante au foyer François-Morel, Anne souhaite arriver à financer son second séjour à Djougou dès septembre prochain. "J'ai énormément appris lors de ce premier séjour, le second me permettrait de mettre en application, d'être plus utile".
C'est une autre façon d'exercer la médecine qui se pratique dans les centres de santé à Djougou. "Les maladies ne sont pas les mêmes qu'en Europe, peu de moyens et des mesures d'hygiène insuffisantes. Mais le plus choquant c'est de constater que les malades doivent payer avant d'être soignés. L'issue peut-être fatale pour certains malades en danger si la famille ne trouve pas l'argent. Même problème pour les médicaments. Beaucoup ne peuvent pas suivre les prescriptions faute de pouvoir payer les médicaments."
L'étudiante en médecine a constaté aussi qu'à Djougou les infirmières ont le rôle de médecin. Elles assurent les consultations et prescrivent les médicaments. Les soins sont assurés par les aide-soignantes. Les médecins, trop rares, ne sont consultés que pour les cas difficiles.
Pendant son séjour, notamment en pédiatrie, Anne a surtout vu des malades atteints de paludisme, quelques cas de fièvre typhoïde et de tuberculose. Les traumatismes en tous genres causés par les accidents avec les motocyclettes constituent l'autre grande cause de consultations.
La malnutrition est toujours bien présente chez les enfants à Djougou entraînant une anémie souvent fatale quand elle se conjugue avec une autre maladie grave. Ces enfants peuvent s'en sortir s'ils sont pris en charge par l'hôpital de l'Ordre de Malte avec son Projet Marigot. Les enfants y sont suivis, alimentés et les mamans conseillées. Une équipe de l'hôpital se rend une fois par mois dans 20 villages pour y peser les enfants, les mesurer et surtout informer les mères sur l'alimentation et les dangers d'une eau qui n'est pas saine. Anne a suivi une intervention dans le village de Founga et a apprécié le savoir-faire de cette équipe qui sait parler à des femmes qui ont rarement été scolarisées et ont tout à apprendre pour bien s'occuper de leurs enfants.
L'autre grande découverte pour Anne c'est "la bonne ambiance dans la ville. Des gens vraiment bien. Le contact est direct. Ils sont carrément de bonne humeur et n'en veulent à personne. Pourtant, vu leur situation et les malheurs qui les frappent parfois c'est surprenant. C'est un contraste saisissant avec l'Europe." Voilà aussi ce qui la pousse à entreprendre ce second séjour à Djougou. Un second séjour qui pourrait être déterminant pour elle puisqu'il lui permettrait de répondre à la question de savoir si elle veut vraiment être médecin humanitaire. Si c'est oui : retour en fac de médecine à la rentrée prochaine. En Italie ou ailleurs.


Le dispensaire à Djougou.


Un groupe d'enfants dans un village.


Pesée des enfants et conseils aux femmes pour l'alimentation.


Photo prise par Anne lors de son séjour à Djougou.
 
Samedi 06 Juin 2015

Le Gangbe Brass Band dans la parade.

Notre association Evreux Djougou Coopération participait avec un stand plus étendu que d'autres années à cette 13ème édition de la Fête de la Fraternité à Evreux ce samedi 6 juin.
Il fallait en effet un peu plus de place pour accueillir à déjeuner une formation de huit musiciens béninois en tournée en France, le Gangbe Brass Band. Cet orchestre d'une vingtaine d'années d'existence est reconnu bien au-delà des frontières du Bénin pour la qualité de ses spectacles qui enchante et fait danser un public conquis par les vibrations des cuivres, percussions et chants sur des rythmes traditionnels puisés aux sources du vaudou et du jazz. Cette formation s'est produite deux fois sur la scène dressée sur la place devant la mairie et a participé à la parade carnavalesque dans les rues du centre-ville entraînant la participation d'un public ravi.
C'est avec un bel appétit que ces musiciens ont fait honneur aux différents plats cuisinés à la béninoise. Plats présentés également aux visiteurs de la fête toujours aussi nombreux pour venir déguster les spécialités et s'informer des recettes suivies.
Sous un beau soleil estival qui rendait encore plus vives les couleurs des costumes traditionnels d'une trentaine de pays représentés, le public nombreux venu des différents quartiers de la ville, avec beaucoup de jeunes souvent en belle tenue de fête, a donné toute la journée l'image d'un monde sans frontières et... fraternel. Comme on ne le voit pas à la télévision.


On se presse sur le stand de l'association.


Cuisine offerte et commentée.


Sourire éclatant dans la parade.


Sortie de mariage à l'hôtel de ville et bain de pied dans la fontaine.



Fin de la parade sur la place avec une belle énergie.
 
Samedi 13 Décembre 2014

Suite à la construction d'un module de deux classes grâce à l'action de Marie-Pierre Lazennec et des élèves du collège Jean-Rostand à Evreux, le mobilier, construit par les artisans locaux, a été remis aux élèves.
Un délégué représentait notre association et le collège Jean-Rostand à la cérémonie à laquelle assistait le ministre de la Formation technique et professionnelle. Cette réception de mobilier a eu lieu en présence de tous les élèves à la fin des cours.

 
Samedi 13 Décembre 2014




Claude Bance, membre de l'association, a participé, cette année, à la distribution des livres et des fournitures dans les villages de Akekerou, Noumané et Wassa.
Après enquête et visites de MM. Chabi et Condé, deux enseignants retraités, ces villages ont été choisis en accord avec le maire de Djougou, représenté par M. Guy Bossou, responsable de la coopération.
Comme c'est toujours le cas en Afrique, les habitants de ces villages nous ont réservé un accueil chaleureux avec chants, danses, musiques traditionnelles.
Après les discours d'usage, la distribution a eu lieu en présence de toute la population.
Ces trois villages ont chacun une population scolaire (classes primaires) d'environ 200 élèves par établissement.
Les fournitures sont un complément à la participation de l'Etat et du département qui ne peuvent pas prendre en charge tous les élèves. Beaucoup n'ont pas un seul livre.
Outre ce problème, certains villages, comme celui de Noumané dont l'école a été ouverte en 2001, n'ont pas d'eau et les enfants ne peuvent pas se désaltérer pendant la journée.
Il y a aussi un manque cruel de ballons de football, sport favori de tous les Béninois.
A Noumané les fournitures ont été distribuées pour les 6 classes. Quelques chiffres : 230 cahiers, 120 crayons, 150 gommes... des manuels de français, de maths, des cahiers d'exercices, des craies, des stylos, etc, soit 981 unités. De même pour Akekerou (252 élèves pour 6 classes), Wassa, 205 élèves.