Kaleb, le pisciculteur, dans son exploitation.

Avec un microcrédit de 504 000 francs cfa (768 €) accordé par notre association, Kaleb Sare T. a relancé son élevage de poissons dans des étangs de son village de Gnangri. Un endroit que l’on rejoint à moto, depuis la nationale vers le sud, par un chemin défoncé tracé dans les hautes herbes. On n’est qu’à une quinzaine de kilomètres du centre ville de Djougou mais on se sent loin, très loin dans la brousse. Impression qui change à l’approche de l’exploitation de Kaleb : la végétation devient fournie et bien verte.  Surprise, en découvrant un vaste champ planté de jeunes pieds de piments : un homme arrose généreusement avec un long tuyau qui rejoint une moto-pompe. L’eau est puisée dans un des étangs alimentés par une nappe phréatique.

La culture du piment est une activité d’appoint pour Kaleb. Très profitable cependant. Un produit qui se vend bien sur le marché de Djougou. Les poissons de Kaleb se vendent aussi très bien. Des tilapias et poissons-chats tout frais pêchés et encore vivants dans des tonneaux remplis d’eau. Prévenus par une annonce à la radio locale, les amateurs de poissons frais achètent en quelques heures toute la pêche transportée là en moto benne.

Le microcrédit à taux zéro a permis de financer la main-d’œuvre pour nettoyer les étangs envahis par les herbes, d’acheter des alevins et de les nourrir. Kaleb fait lui-même cette nourriture à base de céréales et de farine de poisson et va maintenant produire aussi les alevins. Il a appris à le faire dans un centre Songhaï, une ferme école qui forme des entrepreneurs agricoles. Le pisciculteur affiche un grand sourire quand on lui demande s’il va bien payer ses mensualités de crédit. Il va tout rembourser rapidement et demander un nouveau crédit pour développer son exploitation. C’est possible puisque des étangs attendent d’être désherbés pour recevoir des poissons.

Pour voir et entendre Kaleb présenter son activité, voici une vidéo tournée au bord de ses étangs, devant un bananier, le 9 novembre dernier. Il faisait chaud, très chaud à enchaîner quelques questions tout en tenant le smartphone à bout de bras pendant huit minutes. Vous verrez que ce témoignage donne envie d’aider ceux qui veulent entreprendre. Le microcrédit permet cela.