Voici un extrait du reportage photo-video réalisé le 12 novembre dernier par Jean-François Goudeau dans le village de Djakpingou près de Djougou. En mission pour Evreux Djougou Coopération, il avait été invité en ce dimanche matin à se rendre dans le village où se déroulait une cérémonie traditionnelle de l’ethnie des Lokpas : la fête de la chicotte. Isabelle Lemou, jeune journaliste radio, parrainée dans sa scolarité par notre association, nous a fait parvenir un court article sur cette fête qui met le courage à l’honneur.

« Kamouhou à Dhakpingou : la fête identitaire de la communauté Lokpa dans toute sa splendeur.

Chicottes en mains, enfants, jeunes et adultes se frappant. Ce n’est pas une séance de dispute ni de massacre. C’est la communauté lokpa de Djakpingou qui fête « Kamouhou ». Kamouhou est une cérémonie qui se veut une fête et en même temps un moyen de préparer la jeunesse aux épreuves de la vie courante. Les protagonistes reçoivent et donnent des coups. Ils peuvent parfois en esquiver mais ne doivent pas faire mine d’avoir mal et encore moins de pleurer. Le kamouhou est une fête identitaire de la communauté Lokpa héritée de leurs aïeux. Célébrée courant octobre à décembre, Jean-François Goudeau a eu la chance au cours de sa dernière visite à Djougou d’y prendre part avec un de ses filleuls et de faire des photos au plus près de l’action. Il se confie : « la fête de la chicotte m’a impressionné par sa violence. Les coups sont donnés sans retenue avec des fouets fabriqués en lianes ou en racines. Les adultes semblent être en transe et ne pas ressentir les coups ». Ce qui l’a le plus marqué c’est « de voir les enfants torse nu recevoir également les coups sans crier gare malgré parfois les entailles ». C’est ce courage affiché vaillamment par ces enfants qui donne à voir dans le regard des parents toute leur fierté.

Dimanche matin, le village de Djakpingou se prépare à la fête.
Les chicottes dans les mains des « guerriers ».
Attente très concentrée avant le spectacle.
Tension sur la place du village à l’approche du moment des affrontements.
Plus calmes d’autres se mettent en scène.
La foule compacte des porteurs de chicottes.
L’envie d’en découdre au plus tôt.
Approche respectueuse de ce porteur de casse-tête.
Une tension de plus en plus forte.
Un peu plus loin, les jeunes prêts à se confronter.
Premiers échanges : donner et parer les coups.
Des participants déjà bien habitués assurent le spectacle.
Les moins jeunes se sont casqués pour se protéger des coups trop rudes.
Gestuelle artistique pour ces jeunes combattants.
Difficile de rester serein quand la lanière de la chicotte frappe.
Le ballet des jeunes adversaires.
Se grandir le plus possible pour impressionner le petit combattant.
Le vainqueur est aspergé de talc par une fille admirative de l’exploit.