Accueil Voyages solidaires De la lampe à pétrole à l'ampoule basse consommation avec huit jeunes électriciens
Dimanche 17 Mai 2009
De la lampe à pétrole à l'ampoule basse consommation avec huit jeunes électriciens


 Maternité de Bariénou : la pose des panneaux solaires.

« Après mes études, j’aimerais bien travailler dans la solidarité internationale. J’ai vraiment envie de cela après cette première expérience réussie. » C’est ce que confiait un lycéen aux journalistes conviés à un point presse au retour du chantier jeunes d’électrification d’une école et d’une maternité à Djougou. 


La maternité de Bariénou.

Si ce jeune concrétise son souhait, il s’ajoutera à la liste déjà longue de ceux qui ont participé à des chantiers ou des séjours à Djougou et qui ont orienté leur vie vers des actions de solidarité.
Pas vraiment surprenant. Certes, les chantiers ne sont pas organisés pour susciter des vocations d’humanitaires, mais le choc de la rencontre avec l'Afrique laisse des empreintes fortes. On s’en rend compte une fois de plus en écoutant les huit jeunes lycéens en classe terminale de BEP d’électrotechnicien au lycée Modeste-Leroy d'Evreux.
Ils viennent de passer trois semaines sur deux chantiers dans la commune de Djougou pour réaliser l’installation électrique dans une école du quartier de Soro-Tega et dans la maternité du centre de santé au village de Bariénou, à quelque douze kilomètres du centre-ville.
Ce projet, initié par Frédéric Bentley, professeur en électrotechnique, a été présenté en fin d’année 2007. Après des mois de préparation avec les jeunes volontaires, de recherches de financements et de matériels, de contacts avec le maire de Djougou et les techniciens de la commune, un séjour  sur place, l’association Evreux-Djougou, porteuse du projet, a donné le top départ après bouclage du plan de financement. Diverses subventions, notamment du lycée Modeste-Leroy, de la région Haute-Normandie, de la ville d’Evreux, une participation conséquente des familles et le partenariat d’une douzaine d’entreprises ont permis d’équilibrer un budget global de 25000 euros.
Les deux chantiers se sont déroulés conjointement du 10 avril au 2 mai.
Avec une fin de chantier qui restera dans toutes les mémoires des acteurs présents : au dernier jour, dernière vérification faite, une petite fille est née dans la maternité éclairée à l’électricité et non plus à la lampe à pétrole.


La première maman qui a accouché d’une petite Zouéra avec l’éclairage électrique le soir même de la mise en route de l’installation. L’infirmière en chef du centre de santé pense que l’éclairage électrique extérieur des bâtiments la nuit va être signe de modernité et donc entraîner une plus forte fréquentation de la maternité.

Mission accomplie ! Suivie d’un retour avec un atterrissage sans douceur pour le groupe : 30 degrés de moins à l’arrivée avec, pour quelques-uns, des épreuves d’examen à passer dès la reprise au lycée. Dur, le retour au quotidien !
Les souvenirs de Djougou ont donc des couleurs et des parfums qui évoquent des images de magnifiques séjours sur papier glacé.
Mais les jeunes n’en oublient pas pour autant les réalités sur place, comme justement cette absence d’électricité et d’eau au robinet dans le village de Bariénou où ils ont travaillé chaque jour de 7 h à 13 h quand il ne faisait pas encore trop chaud.
Logés dans de bonnes conditions au motel de Djougou centre, ils ont connu quelques désagréments comme les coupures d’eau et d’électricité, mais ont surtout découvert les conditions de vie dans les familles de Djougou où ils étaient souvent invités. «Nous avons rencontré des gens très chaleureux avec une bonne mentalité. Partout nous avions des sourires et des bonjours ! Ils étaient contents de voir qu’on était là pour les aider. Nous avons été surpris de les sentir heureux alors qu’ils ont si peu… »
Ces rencontres avec la population faisaient partie du programme du chantier axé sur le développement des connaissances professionnelles des lycéens mais aussi sur le développement des qualités humaines qui passe par le dialogue et les échanges.
Grande première pour ces jeunes : « on nous a fait travailler à quelque chose de réel, un vrai chantier » et dans un pays dont ils n’avaient jamais entendu parler !



268 heures de travail sur ce chantier de la maternité. Ici, préparation de la mise en place de la liaison avec la canalisation électrique enterrée prévue pour relier deux bâtiments.


 Contrôles et tests des liaisons électriques après réparations et modifications
des fils électriques déjà mis en place lors de la construction des bâtiments.


Finition sur le coffret électrique
de l’installation photovoltaïque.


Raccordement d’une douille
pour une lampe 24 volts « basse consommation ».


Mise en place des 2 panneaux solaires sur leur châssis. Ces panneaux ont une durée de vie de 10 ans. 5 à 7 ans pour les batteries. La maintenance, heureusement très limitée, sera assurée par un artisan électricien de Djougou centre. La coopération d’Evreux interviendra financièrement quand il sera nécessaire de changer le matériel.



L’inauguration de la fin des travaux en présence notamment du maire de Djougou qui avait revêtu le tee-shirt du chantier pour honorer l’équipe venue d’Evreux : les deux professeurs encadrants, Frédéric Bentley, Jean-Pierre Sabik et les jeunes Olivier Binagot, Christopher Bellanger, Maxime Gautier, Pierre Gomis, Stéphen Laporte, Alexis Mendy, Dorian Morin, Julien Vallée.


Mise en place des canalisations à l’école de Sero-Tago.
322 heures de travail sur ce chantier mené en alternance
d’un jour à l’autre par les huit jeunes répartis en deux équipes.
Les jeunes ont donc appris à se passer les informations
pour assurer la bonne continuité du chantier.


Photo de fin de chantier à Sero-Tago en présence des élèves de CE2.