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Samedi 03 Avril 2010
Adèle Gbedo, la maman du parrainage


Evénement dans la vie de l’association Evreux Djougou Coopération ce jeudi 1er avril 2010 à la salle des conférences de la médiathèque d’Evreux : la rencontre entre des familles qui parrainent des scolaires béninois et Adèle Gbedo, la cheville ouvrière de ce parrainage. Professeure d’éducation sportive en collège-lycée à Djougou, elle se dévoue bénévolement depuis des années pour être le relais entre l’association, les familles et les jeunes scolaires. Un rôle particulièrement efficace tout à fait apprécié des jeunes qui l’appellent volontiers « maman », la maman du parrainage.



Autour d'Adèle Gbedo, Michel Feret, Catherine Cabrillac, Claude Bance, François Le Diset, président de l'association.

On se pressait donc ce jeudi à la médiathèque pour saluer Adèle, l’embrasser pour  celles et ceux qui l’ont connue à Djougou, et l’entendre parler de  cette action de parrainage de familles qui bénéficie aujourd’hui à 80 jeunes.
« Merci pour l’humanité, merci pour l’Afrique, merci pour le Bénin, merci pour Djougou et ses enfants »  tient à dire l’enseignante qui salue l’amour qu’elle voit dans cet engagement de soutien des familles ébroïciennes. « J’ai donc voulu aussi apporter ma contribution bénévole » explique Adèle en soulignant sa démarche chrétienne.
Encore « sidérée » de se trouver là, fatiguée de ses quatre premiers jours dans une France qu’elle découvre pour la première fois mais qui lui donne déjà envie de revenir, Adèle Gbedo n’a su qu’au tout dernier moment qu’elle pourrait prendre l’avion. Il aura fallu des semaines de démarches pressantes pour que le consulat lui accorde un visa de quelques jours à Evreux.
Ce voyage était pourtant sa récompense offerte par l’association pour son action méritoire auprès des enfants. Elle a parlé de son rôle d’intermédiaire entre les « désireux » et les « nécessiteux », les premiers étant ceux qui souhaitent parrainer un enfant, les seconds étant des écoliers sans ressources voire sans familles. Les enfants choisis ne sont cependant pas tous orphelins ni les plus démunis, « il faut aussi que l’enfant soit un travailleur » souligne Adèle Gbedo qui se fait aider dans son choix par les surveillants et les enseignants des collèges qui accueillent des scolaires de la 6ème à la terminale. C’est en effet le souhait de l’association de favoriser le soutien des scolaires méritants pour que la relation entre les familles qui parrainent et ces enfants s’établisse dans la durée. Pourtant, rien n’assure que l’enfant parrainé ne va pas arrêter trop rapidement sa scolarité. En écoutant Adèle Gbedo évoquer des cas difficiles, notamment de fillettes abandonnant l’école pour se marier, on avait la confirmation que le parrainage reste une aventure humaine avec des parcours qui ne sont pas programmés. L’essentiel étant d’accompagner un temps un enfant, de le soutenir, de lui donner des outils. Ce temps d’apprentissage scolaire, même trop court, donnera quand même quelques chances supplémentaires à un enfant.
Et puis, il y a des parrainages qui sont des petits miracles avec la réussite scolaire au bout : le brevet, le bac, l’enseignement supérieur. Pas si rare finalement puisque se pose maintenant la question du soutien des étudiants. Faut-il arrêter le parrainage avec le bac ou tenter d’accompagner plus loin ? Des familles essaient de poursuivre leur aide, mais les coûts de scolarité deviennent tout autres. On est loin des 50 euros pour le parrainage primaire et des 70 euros pour le secondaire. Il faut multiplier par dix, au moins, les montants pour faire face aux coûts élevés de l’enseignement supérieur. L’association apporte une toute petite allocation à 13 étudiants cette année mais n’organise pas de parrainage. Une réflexion est en cours sur le sujet.
La rencontre à la médiathèque a permis aux familles d’entendre également Catherine Cabrillac, chargée du parrainage des primaires, et Claude Bance, depuis neuf années au parrainage des collégiens en liaison avec Adèle Gbedo. Cette action spécifique vient compléter le soutien à l’éducation mené par l’association :  avec, chaque année, la distribution de fournitures et livres scolaires pour plusieurs centaines d’élèves dans des écoles démunies et la participation à la scolarité de 32 filles dans un lycée de Natitingou, l’association consacre en effet près de 40% de son budget au soutien scolaire.
Pour tout contact sur les parrainages : Catherine Cabrillac 0232390734, Claude Bance 0232395100.