Chaque année l’association Evreux-Djougou Coopération Plein Sud participe au financement des études de près d’une trentaine de filles de Djougou en internat au lycée de jeunes filles de Natitingou, situé à quelque soixante-quinze kilomètres du centre ville de Djougou. Quand elle le peut, l’association participe aussi aux frais de scolarité de quelques bachelières qui entreprennent des études supérieures.

Faouziatou Ibrahima est bénéficiaire de cette aide qui lui permet de suivre sa seconde année en agronomie à l’université de Parakou. Une aide rendue possible avec les fonds recueillis dans une cagnotte internet auprès de nos adhérents et amis.

L’idée est venue et a pu se concrétiser de demander à cette étudiante de retourner dans son lycée pour y parler de ses études et de son futur métier dans l’agriculture et l’environnement. C’est ce qu’elle vient de faire récemment en compagnie d’une autre ancienne élève, Isabelle Lemou, qui exerce son métier de journaliste à radio Urban FM à Parakou. Voici, avec photos et vidéos, l’article d’Isabelle.

Photo de Famille : Madame le Proviseur Karimatou ASSOUMA HAKIBOU, Faouziatou IBRAHIMA et les pensionnaires du Lycée des Jeunes Filles de Natitingou (Photo Isabelle Lemou).

 Vingt-six lycéennes de la commune de Djougou, sont sorties accueillir Faouziath IBRAHIMA, leur ainée. Aujourd’hui, étudiante en deuxième année d’agronomie à l’université de Parakou. L’ancienne élève du Lycée des jeunes filles de Natitingou est venue partager son parcours avec l’association Évreux-Djougou avec ses sœurs de la Cité des Kpéïtoni.

Son histoire avec l’association Évreux-Djougou commence après son Certificat d’Etude Primaire CEP. Elle l’a en en effet rappelé au cours de son allocution « Vous n’êtes pas sans savoir qu’il faut être meilleure au CEP pour être retenue pour le lycée des jeunes filles de Natitingou ! C’est dire donc, c’est sur la base de notre compétence que nous recevons de l’aide pour évoluer». Au Lycée, elle n’a manqué de rien pour poursuivre ses études dans la quiétude, et ceci grâce à l’association. Celle-ci a mis à sa disposition, des fournitures scolaires et a payé sa scolarité durant sept ans.

Faouziatou Ibrahima fait part de son expérience et donne des conseils aux lycéennes.

En 2019, elle obtient le baccalauréat série D avec la mention assez bien. Faouziath a eu le choix entre la médecine et l’agronomie. Maintes réflexions après, elle choisit finalement de faire l’agronomie. Ce choix, s’explique par le fait, qu’elle nourrit l’ambition de servir sa communauté en travaillant la terre. Mais face à ce choix, elle fait face à une difficulté : celle de la scolarité car elle n’est que semi boursière. « On nous a toujours dit que l’aide de l’association prend fin après le baccalauréat. Mais j’ai pris mon courage à deux mains pour adresser une lettre à l’association Évreux-Djougou pour me soutenir une nouvelle fois. Par la force des choses, elle a répondu favorablement à ma demande et depuis je suis à la faculté d’agronomie de l’université de Parakou», a laissé entendre Faouziatou IBRAHIMA.

Les élèves au collège et au lycée, n’ont pas toujours conscience de l’état des lieux du marché de l’emploi. En effet avoir un emploi ou non après ses études dépend des choix que font les enfants à la base. C’est pour les accompagner dans ce choix, parfois difficile, que la boursière de cette institution à caractère social  a décidé de venir partager son expérience avec ses jeunes sœurs.  C’était au cours d’une séance d’échange qui a eu pour cadre l’enceinte dudit Lycée.

Un accueil chaleureux de Mme le Proviseur Karimatou Assouma Hakibou

A l’entame de la cérémonie, Madame le Proviseur, Karimatou ASSOUMA HAKIBOU, a remercié la délégation pour son déplacement. Elle a ensuite invité les filles à suivre religieusement les échanges. Faouziath IBRAHIM a dans un premier temps invité les jeunes filles à privilégier les séries scientifiques dans leur choix. Elle a soutenu cet argumentaire sur la base des métiers d’avenirs. En effet l’étudiante a abordé les domaines prometteurs tel que « la technique, la technologie, l’entrepreneuriat agricole et digital » avec les élèves. Elle a développé chaque domaine pour que les apprenantes puissent mieux appréhender cela. De ce fait, elles sauront faire le meilleur choix. Pour étayer tout ceci, Faouziath a ensuite parlé de la filière qu’elle a choisie : l’agronomie. Avec ce domaine, elle peut devenir Nutritionniste, économiste, agricultrice, éleveur et aménagiste. Tant de débouchés qui ont intéressé les filles de Djougou présentes à cette rencontre. Elles ont posé des questions sur toutes ces thématiques. Pour finir, plusieurs expriment le désir de faire comme leur aînée. Celles qui sont en série littéraire hésitent entre l’enseignement et le journalisme.

N.B : Étant une ancienne parrainée de l’association Évreux-Djougou, j’ai aussi partagé mon expérience avec mes jeunes sœurs.

Isabelle LEMOU, Journaliste